Elvire Von Bardeleben, 32 ans / Journaliste (Le Monde)

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Engagée par Libération en 2012 pour couvrir les milieux de la mode et de la musique, Elvire von Bardeleben s’occupait également de la gastronomie après la fin des publications de Luc Dubanchet, patron d’Omnivore. Parmi les toques et artisans qu’elle a pu croquer : des profils atypiques (la punk Cristina Bowerman, l’auteur Trish Deseine, l’instagrammeur Chef Jacques la Merde, l’Américaine Alice Waters) ou plus classiques (Cyril Lignac, Jean-François Piège, Sébastien Gaudard, Mathieu Pacaud, Christian Le Squer…). Elle a rejoint depuis la rentrée le journal Le Monde.


Une rencontre marquante récente ? « Taku Sekine et Amaury Guyot du restaurant Dersou à Paris qui ont réussi à remplacer le vin à table par des cocktails, et ça marche. Taku m’a dit: ‘Je ne suis aucune règle’. Il faut avoir de la ressource pour échapper au protocole français et du talent pour que le résultat soit concluant. »


Une source d’inspiration ou modèle qui ont une influence sur votre travail ? « Le journaliste Jacky Durand qui a été mon collègue à Libération. Il m’a montré qu’écrire sur la bouffe (il n’emploie pas beaucoup le mot gastronomie), ce n’est pas forcément empiler les critiques de restaurants ni suivre le rythme des communiqués de presse. Que l’on pouvait avoir un style bien à soi; écrire sur à peu près n’importe quel sujet ; porter un regard bienveillant sans perdre de distance critique. Que l’on peut enchaîner les articles pour son employeur ET écrire plusieurs livres par an (mais sur ce dernier point, je ne l’ai pas suivi) »


Prochain projet ou nouveau territoire d’exploration ? « J’en ai assez de lire des ‘success stories’, j’ai envie de raconter la vie de cuisiniers doués qui galèrent – mais qui ne lâchent pas l’affaire. »


Rédaction Atabula