Sophie Cornibert, 33 ans / Fondatrice (Fulgurances)

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Depuis 2011, Sophie Cornibert et son associé Hugo Hivernat (le duo est désormais trio avec Rebecca Asthalter) se la jouent défricheurs de tables de Nantes à New York, principalement en Europe (Suède, Italie, Espagne, Belgique, Royaume-Uni, Norvège, Hollande, Estonie, Danemark) à travers Fulgurances, une plateforme dont ils revendiquent l’approche esthétique. Ultra-ultraconfidentiel à ses débuts, leur bébé compte désormais quatre revues imprimées, plus de 30 dîners organisés ainsi que deux établissements à Paris – Fulgurances l’Adresse et Fulgurances En Face – décrits par les intéressés comme « une plaque tournante de la cuisine contemporaine, avec une ébullition de chefs venus du monde entier, des thématiques, de l’humain, du vivant ». Proche du très influent Andrea Petrini, Fulgurances a fait partie de la sélection Inrockuptibles des 100 français qui réinventent la culture. La baseline de la plateforme ? « La cuisine se vit ». Fulgurances vit aussi. Et grossit avec intelligence. Sans aucun doute l’un des plus jolis projets de la décennie.


Une rencontre marquante récente ? « Je l’avais déjà rencontré auparavant, mais revoir Michel Bras dans son environnement, dans son jardin, chez lui, et l’entendre comme un enfant raconter chaque herbe, nous offrir une fleur au passage, m’a profondément touchée »


Une source d’inspiration ou modèle qui ont une influence sur votre travail ? « On essaie d’avoir une vision très personnelle. De ne pas trop nous laisser influencer par l’extérieur, d’avoir le plus de hauteur de vue possible, de fraîcheur pour faire les bons choix et affirmer jour après jour notre identité.  De manière générale, mes acolytes Hugo et Rebecca sont mes meilleurs alliés pour Fulgurances, ensemble on soumet nos envies les plus folles, on réfléchit en permanence, de préférence au cours de belles balades. Ca fait plusieurs années que ça dure et c’est précieux ! Sinon, le journaliste et créateur du génial Gelinaz, Andrea Petrini, est un soutien indéniable, notamment pour notre travail éditorial avec la revue « Itinéraires d’une cuisine contemporaine ». Il a toujours une idée, un nouveau cuisinier à nous soumettre. Il est complètement hors mode, bouillonnant, stimulant. Et puis tous les chefs qui sont passés par Fulgurances l’Adresse, mine de rien, six depuis le début, et à chaque fois, avec une nouvelle approche de la cuisine. Et mes amis, mes proches, qui parfois évoluent dans l’univers de la cuisine, parfois pas du tout. Sans eux, je n’avancerai pas aussi sereinement ».


Prochain projet ou nouveau territoire d’exploration ? « 2018 sera l’année de la stabilisation pour Fulgurances. Depuis deux ans avec Fulgurances l’Adresse, on n’a pas arrêté. On a ouvert En face fin mai, on a besoin de souffler un peu, de voir comment les différentes entités évoluent ensemble pour imaginer la suite… »


Rédaction Atabula